Vendredi 13 novembre 2009 5 13 11 2009 10:31



On a gagné un an. J’ai gagné un an par la magie d’un vote étudiant. Ça me fait plaisir t’imagines même pas. Avoir gagné un poste pour un an est une chose. Que ce poste soit celui de mon meilleur ami une autre. Et que ce soit eux qui aient eu le mot de la fin encore une. La plus réjouissante. Car. Ce ne sont certes pas eux qui me payent. Mais c’est pour eux que je travaille. J’en suis quitte pour du champagne. Et une année de preuves à faire. Sans argent certes. Je veux être utopiste optimiste et croire que notre énergie combinée y suffira. On va enfin pouvoir tenter de réveiller tout ce bordel à coups de pieds les mains libres. Mettre un peu de vrai bordel là dedans. Je prends cette nouvelle et la pression qu’ils tentent de me mettre comme un encouragement à dire encore je vous emmerde et on fait ce qu’on veut. Néanmoins, un an n’est pas trois et c’est tout de même décevant. Sans parler de ce bras de fer permanent.

Je me dis que ce serait bien d’aller faire un loto. Mais c’est comme d’écrire au père noël sans y croire. Je n’irais donc sans doute pas.

J’ai retrouvé hier par hasard cette photo d’elles et moi. Nous regardons toutes les quatre vers le ciel arrondi de la salle à manger de mes parents. J’ai imprimé la photo pour la regarder mieux. Parce que nos yeux bleus et les siens verts. Ma mère et la sienne, ma fille et sa mère. La ressemblance 2x2. J’ai envoyé la photo à ma mère. Le 11 ma grand-mère a eu 89 ans.
Elle dit j’en ai marre, c’est long hein pfff et je ne sais que répondre. C’est invariable. Je trouve ça tellement court, encore. Mais nous avons 51 ans d’écart. Et que dirais-je dans 51 ans.
Je me demande d’où ma mère tient ses lèvres, les miennes, celles transmises aussi. Qui avait cette grosse bouche bien dessinée avant, il y a longtemps. Qu’ai-je récupéré d’autre à travers le temps et transmis, de ces gens que je n’ai pas connus.

Je voudrais l’avoir avec moi tout le temps.
Pendant un an et demi j’ai pleuré un vendredi soir sur deux et la semaine porte fermée. Ensuite pendant un temps à peu près équivalent, un vendredi sur deux  je ne suis plus rentrée avant l’aube imbibée. Puis je m’y suis faite, plus ou moins. Il arrive encore que j’aie envie de pleurer en la lui laissant, en partant. De me souvenir que j’ai égoïstement décidé de sa vie sans lui demander son avis. D’avoir envie de mourir parce que j’ai tout raté imposé une vie de schizo à mon enfant.
L’autre soir elle a dit que ce qu’elle n’aimait pas, c’est quand les gens partent. Les voir partir, parce que c’est trop dur. Alors que s’ils partent, comme ça, hop, ils ne sont plus là. C’est plus facile. Ça fait moins triste.
Ça m’a remuée beaucoup qu’elle dise ça.
Ça me remue tellement à chaque fois que je pars.
Je voudrais être sure qu’elle le sait.
Qu’elle sait que je suis toujours là même quand je n’y suis pas.
Je ne sais pas si j’accepterais ça pleinement un jour.
C’est insensé d’ainsi partager son enfant.
J’ai peur de la perdre un jour.

Avec la vie que j’ai avec elle depuis 2001 et celle que j’ai aussi depuis quatre ans, oui, je sais que la schizophrénie ça s’apprend.

Je suis devenue grise.
Je me sens grise.
Moche et grise.
Le boulet du quotidien.
Je ris peu, je ne ris plus, je suis trop sérieuse ou absente molle tout le temps.
Juste je vis, un jour après l’autre sans voir trop loin.
Je suis devenue pas marrante.
Je crois que j’aimerais bien, ça me ferait du bien de voir un peu plus loin.
Je me force à écouter de la musique fort quand je suis seule.
Je me rends compte que le silence que je m’impose est néfaste.
Le silence me plombe, d’autant plus quand le ciel est lui aussi gris.
Bon, en même temps c'est pas gagné, j'écoute Barbara en boucle depuis deux heures.
Nous sommes au matin du troisième jour et je n’ai toujours rien fait de moi.
Et je me demande quand même un peu pourquoi je suis si régulièrement dans cet état dépressif inerte depuis toutes ces années. J’avoue que ça commence à me gonfler.
J’ai découvert sédatif pc et décidé d’essayer de ne plus fumer quelques temps.
Et de moins boire.
La lucidité ne me fera pas de mal.
Il faut que j’arrête de m’abrutir.
J’ai mieux à faire.

Profiter de cette année gagnée au taf pour reprendre le reste de ma vie en main.
Me sortir les doigts et travailler au bonheur plutôt qu’aux toboggans.
Par exemple.
De l’énergie pour autre chose que le taf.
La bonne idée.
Merci le bde.
Je vais enfin pouvoir me détendre un peu.

Courir de fond plutôt que le sprint.
En espérant que ça fasse moins transpirer.















Par Lea Lee Walker
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 10 2009 11:17



Quelque part le week-end dernier


Parce que j’écoute Pascale C, je suis en retard tous les matins.

Face à des gens persuadés de bien faire.
La résistance au changement.
C’est beaucoup d’énergie pour convaincre.

Crise de shoes cette semaine.
Dernier achat hier soir.
Encore des talons.
Hauts, hauts.
Mais néanmoins.
Des talons chaussons.

La maison est crad.
Au moins trois heures de.
Pfff.

L’amnésie est la seule évasion des nantis face à la ruine.
Beigbeder –  Un roman français.

Malgré ou/et à cause de, j’aime définitivement bien Beigbeder.
Je pense à Guéthary l’hiver, à la mer verte qui éclate sur les rochers, à Bidart et à la petite plage en bas des rochers, celle où tu seras tout seul si tu ne tues pas avant d’être arrivé en bas.

Je pense à l’enfance et à l’amnésie.
A l’enfance et à ma solitude.
A comment mes parents m’ont faite solitaire.
Des jours et des jours, d’entières après-midi allongée sur mon lit, des livres et des chiens pour amis. Comme si c’était l’histoire de ma vie. Ni tout à fait seule, mais pas plus accompagnée.
Au cadeau que c’est de savoir être seul.
Et à la malédiction méfiante de se sentir inadaptée qui va avec.
A l’amnésie.
J’y pense, puis j’oublie.
A cette histoire qui a changé le cours de ma vie.
Aux guerres du quotidien.
Je vais murir.
Je vais mourir.
Le premier est un lapsus et murir pour mourir.





Dimanche 4

A la dernière minute, nous changeons d'hôtel.
Et c'est finalement tant mieux.

J’aurai 38 ans dans les Cyclades et la mer Egée tout autour.
Je pense à A qui vient de fêter ses 40 par un laconique ça y est, je suis à la moitié de ma vie.
Je ne réalise pas bien que nous partons samedi prochain.
Mais l’idée de vieillir ailleurs, cernée de différent, d’autrement, sans net, de la musique et des livres, est une idée qui me plait.
J’attends l’argent du grand chantier. Le sol, le dedans, le dehors, les finitions, et moi.
Tout sera refait à neuf avant le printemps.

Je vais faire des longueurs dans les vapeurs de chlore et pense à Drink.
C’est vrai, nager vide aussi ma tête. Et n’est pas une souffrance. Contrairement à courir.

Donc, je te laisse, j’ai piscine.





Par Lea Lee Walker
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 09 2009 20:09



Ai réalisé ce soir, que depuis 22 ans que je vais chez le Dr K, c’est avec elle que j’entretiens  ma plus longue relation. Mais. Si quand j’avais seize ans, elle en avait trente, ça veut quand même dire qu’elle arrêtera d’exercer avant que je n’arrête d’aller chez le gynéco et je ne te parle même pas de ma fille.
Et devant leur disparition annoncée - éradication entamée - qu’est-ce qu’on va devenir ?
Apparemment, nombre de jeunes femmes qui deviennent généralistes font aussi une spécialisation en gynéco.
J’ai pas de pot, mon généraliste est presque vieux, et c’est un mec.
Bref.
Ça craint.




Par Lea Lee Walker
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Jeudi 27 août 2009 4 27 08 2009 15:38



Ça commence bien.
Je suis arrivée à 10h00.
Y'avait personne, c'était désert.
J'ai lu mes mails.
J'attendais une salve d'insultes.
J'ai lu des félicitations et des merci pour votre travail.
Ça m'a vraiment mis du baume au coeur.
Ensuite j'ai passé une heure au téléphone.
Puis à 12h15, j'ai décidé de rentrer à la maison.
Demain je pense faire la même.
Comme reprise, ce sera très bien.
Je suis d'excellente humeur, et je crois bien que je vais aller faire la sieste.




Par Lea Lee Walker
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Mercredi 26 août 2009 3 26 08 2009 11:25



Une page et jeter, une page et jeter, leitmotiv de l'été.
Rien à dire ou pas très envie de partager.
Ce week-end, peut-être.
Environ 3500 kilomètres au volant, c'était bien, un vrai été, ensoleillé.
Le reprise, demain, est annoncée je ne sais.
Pas envie, pas envie, pas envie.
Me rassurer avec le calendrier des congés.
Me demander si je ne vais pas être malade, un peu, histoire de prolonger.
Déjà ralocher, trainer les pieds.
Je ne suis pas faite pour travailler.
Tu vois là, un mois et demi à rêvasser, j'ai beaucoup, beaucoup, aimé.
Je ne rêve que de recommencer.

La maison a pris forme, le jardin est fleuri, je suis ruinée mais tant pis.

Dernier jour de vacances.
Ménage, rangement, valises.
Conduire, encore.
Rentrer.

Recommencer une année.
Et les bonnes résolutions de rigueur.




Par Lea Lee Walker
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